SNET 2026 : les lycées techniques, levier incontournable pour l’industrie ivoirienne

Par Hervé Gobou

La problématique de l’industrialisation, au cœur de la première édition du Salon national de l’Enseignement technique (SNET 2026), tenue du 25 au 27 avril 2026 au Lycée technique d’Abidjan. L’un des défis que la Côte d’Ivoire compte relever à l’horizon 2030, faire de l’enseignement technique, le moteur de l’industrie.

La Côte d’Ivoire ambitionne de devenir un pôle industriel majeur en Afrique de l’Ouest. Mais l’ambition ne pourra se concrétiser sans une main-d’œuvre qualifiée, susceptible de répondre aux exigences des entreprises modernes. L’enseignement technique et professionnel (ETFP) apparaît ainsi comme le véritable moteur de la transformation industrielle du pays.

Aujourd’hui, les industries locales (agroalimentaire, BTP, textile, énergie, TIC …), souffrent d’un déficit de techniciens spécialisés. Les jeunes diplômés des filières générales peinent à s’insérer, tandis que les entreprises recherchent des profils immédiatement opérationnels. Ce décalage souligne l’urgence de repositionner l’enseignement technique au cœur de la stratégie nationale.

Réformer pour mieux former

La première étape consiste à réformer les curricula afin de les aligner sur les standards industriels. Les programmes doivent intégrer des modules pratiques, des compétences numériques et un savoir-faire directement applicables en entreprise. La formation en alternance, combinant cours théoriques et immersion en entreprise, est une piste privilégiée. Elle permet aux apprenants de développer des compétences concrètes tout en s’adaptant aux réalités du marché. De plus, la création de centres d’excellence régionaux spécialisés par filière (agro-industrie à Daloa, textile à Bouaké, TIC à Abidjan…), renforcerait la proximité entre l’école et l’économie locale. Ces pôles deviendraient des incubateurs de talents industriels.

Pour cela les lycées techniques et centres de formation doivent être réhabilités et équipés d’ateliers modernes. Des laboratoires de mécanique, d’électrotechnique, de maintenance industrielle ou encore de robotique permettraient aux étudiants de se former dans des conditions proches de celles des usines.

Un partenariat étroit entre l’État et le secteur privé est indispensable. Les entreprises pourraient contribuer à l’équipement des établissements, émettre leur avis sur les programmes et accueillir des stagiaires, garantissant ainsi une meilleure adéquation entre formation et emploi.

Revaloriser l’image de l’enseignement technique

Au-delà des infrastructures, il est crucial de changer la perception sociale de l’enseignement technique. Trop souvent considéré comme une voie de “second choix”, il doit être présenté comme une filière d’excellence.

Des campagnes de sensibilisation, des concours nationaux d’innovation et des bourses d’excellence peuvent contribuer à redonner ses lettres de noblesse à ce secteur : « Choisir le secteur technique, c’est choisir l’avenir », affirme un industriel du secteur agroalimentaire, convaincu que les techniciens sont les véritables bâtisseurs de l’économie nationale.

Investir dans l’enseignement technique, c’est investir dans la compétitivité. Une main-d’œuvre qualifiée et immédiatement opérationnelle réduira le chômage des jeunes, dynamisera l’entrepreneuriat industriel et renforcera la souveraineté économique du pays.

À terme, la Côte d’Ivoire pourrait se positionner comme un hub industriel régional, capable de rivaliser avec les grandes économies émergentes du continent.

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