Par Hervé Gobou
La Côte d’Ivoire, à travers le Ministère de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement Technique conduit par le Ministre N’Guessan Koffi, doit désormais relever trois défis majeurs : Il s’agit de changer les mentalités en valorisant le mérite et l’effort, démanteler les réseaux organisés de fraude et restaurer la crédibilité internationale des diplômes.
En effet, la lutte contre la tricherie et la fraude aux examens en Côte d’Ivoire s’impose comme un enjeu majeur de gouvernance éducative. De Kandia Camara à Koffi N’Guessan, en passant par Mariétou Koné, les trois ministres se sont succédés avec des approches différentes mais avec un même objectif : restaurer la crédibilité des diplômes ivoiriens.
De 2011 à 2021, la ministre Kandia Camara a dû faire face à une massification scolaire sans précédent. Mais l’expansion s’est accompagnée d’une fragilisation des standards académiques. Les réseaux sociaux, WhatsApp notamment, sont devenus le principal vecteur de fraude, avec des corrigés circulant avant les épreuves du BEPC et du Bac.
Malgré des efforts de sensibilisation, la fraude est restée endémique, ternissant l’image du système éducatif ivoirien. De 2021 à 2025, la Ministre Mariétou Koné a voulu marquer une rupture en lançant les États généraux de l’Education nationale et de l’alphabétisation (EGENA). L’ambition était de dresser un diagnostic global et de proposer des réformes structurelles. Cependant, faute de moyens et de volonté politique, les recommandations sont restées largement théoriques. Le déficit en enseignants de sciences et la dégradation des lycées d’excellence ont accentué la crise, tandis que la fraude continuait de miner la confiance dans les examens.
L’avènement de Koffi N’Guessan
Nommé en janvier 2026, le Ministre Koffi N’Guessan a adopté une approche de transparence et de “thérapie de choc”. Contrairement à ses prédécesseurs, il a reconnu publiquement l’ampleur des dysfonctionnements et mobilisé le BNETD pour moderniser les infrastructures.
La digitalisation des procédures, l’installation de caméras dans les centres d’examen et la distribution de kits anti‑fraude marquent une nouvelle étape. Le thème officiel de la session 2026 intitulé « Une communauté éducative déterminée pour des examens crédibles », illustre la volonté de rupture. Par ailleurs, l’annonce des sanctions disciplinaires fortes par le Ministre N’Guessan Koffi témoigne de son ferme engagement à réduire drastiquement le phénomène de la tricherie à l’école et de la fraude aux examens scolaires. Il recommande une peine d’emprisonnement des auteurs de la fraude, de même que la suspension des élèves-fraudeurs pendant au moins deux ans. Si une partie de la population salue cette fermeté pour endiguer la fraude, une autre estime que l’emprisonnement des élèves, encore au stade de mineurs, peut entacher leur vulnérabilité sociale. En outre, la suspension aux examens est perçue par l’autre frange de la population comme la suppression du droit à l’éducation des élèves en question. Quel que soit la position des uns et des autres sur ces décisions, tous restent unanimes que le Ministre N’Guessan Koffi met un point d’honneur à l’éradication de la tricherie à l’école et la fraude aux examens scolaires.









